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dimanche 14 août 2011

Samuel Benchetrit - Le coeur en dehors








Quatrième de couverture : "Tu sais Charly, il faut aimer dans la vie, beaucoup... Ne jamais avoir peur de trop aimer. C'est ça, le courage. Ne sois jamais égoïste avec ton cœur. S'il est rempli d'amour, alors montre-le. Sors-le de toi et montre-le au monde. II n'y a pas assez de cœurs courageux. II n'y a pas assez de cœurs en dehors..." S.B







J’ai choisi ce livre pour un tas de raisons mais surtout pour voyager en banlieue autrement que par l’image véhiculée par les médias. Dès la première phrase, le ton est donné. On plonge dans la tête du petit Charly Traoré, dix ans, d’origine malienne, vivant dans la tour Rimbaud avec sa mère et Henry, son frère drogué. L’intrigue débute au bout de quelques pages seulement. En se rendant à l’école, il croise la police qui lui demande l’étage où vit Madame Joséphine Traoré. Il va alors les suivre discrètement afin de comprendre pourquoi sa mère se fait embarquer. Qu’a bien pu faire cette femme d’apparence si respectable ?
C’est donc à partir de cette interrogation que débute le périple de Charly qui consent à faire l’école buissonnière pour partir à la recherche de son frère. Les chapitres s’enchainent rythmés par l’écoulement des heures et les pensées du narrateur. Durant son épopée, on rencontre différentes personnes allant du voyou au vieux couple bienveillant, tout en passant par les copains et la belle amoureuse. A travers ses yeux d’enfant et son langage oralisé parfois indigeste, chaque élément participe à sublimer sa cité. C’est un roman empreint de poésie (Beaudelaire, Rimbaud, Verlaine), émouvant et à la fois teinté d’humour. Samuel Benchetrit a traité avec brio un sujet pourtant sensible et j’ai apprécié le fait qu’il mêle à son récit plusieurs références culturelles (musicales, cinématographiques…). A lire sans modération !


Citation : « Je vois les tours sortir du sol. Elles étaient prêtes depuis longtemps à l'intérieur de la terre. Et c'est souvent un terrain vague qui entoure les immeubles. Comme si la terre ne se remettait pas d'avoir accouché de ces monstres. »

Mlle Liberty

samedi 30 juillet 2011

Delphine de Vigan - Les heures souterraines







Quatrième de couverture :  Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Au cœur d’une ville sans cesse en mouvement, ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Les Heures souterraines est un roman vibrant et magnifique sur les violences invisibles d’un monde privé de douceur, où l’on risque de se perdre, sans aucun bruit.
 Comme toujours, je choisis mes lectures un peu au hasard, me promenant dans les rayons et attendant qu’une première ou une quatrième de couverture attire mon attention. Pour ce roman, je dois bien avouer avoir longuement hésité avant de l’acheter. J’ai eu quelques réticences en lisant le résumé. Je m’attendais à une histoire un peu mièvre avec à la clef une happy end. Mais la photographie et le titre ont eu raison de moi et je n’ai pas été déçue.
Delphine de Vigan nous embarque dans le Paris du XXIe siècle, une ville en mouvement constant et nous livre les destins croisés de deux quadragénaires : d’un côté Mathilde, une femme, cadre marketing dans une grande entreprise, veuve, trois enfants, prise en grippe par un patron peu scrupuleux ; d’un autre, Thibault, un homme, pas vraiment d’attaches, travaillant pour SOS médecins à défaut d’être devenu chirurgien et terrassé par ses différents déboires sentimentaux. Ces protagonistes forment à eux deux un microcosme gangrené par la solitude et l’abus de pouvoir et on sombre peu à peu avec eux dans la morosité parisienne. Une impression de réalisme se dégage de ce roman puisqu’il est très facile de s’identifier à ces deux éclopés de la vie. Comment rester de marbre face à cette femme victime de harcèlement moral et peu à peu exclue de l’entreprise ? Et comment également ne pas être touché par cet homme côtoyant sans cesse la maladie et anéanti par sa rupture amoureuse ? Qui peut prétendre n’avoir jamais vécu ou connu quelqu’un avec une situation similaire ?!
J’ai littéralement dévoré ce roman qui est pour moi une ode au désespoir rythmée par les aller-retour en transports en commun. Les différents aspects des voyages souterrains comme les heures de pointes, les odeurs, les ressentis,… sont minimes mais dépeints avec une telle vigueur que j’ai eu le sentiment d’y être. De plus, l’auteure nous offre une fin ouverte à la réflexion qui permet d’imaginer le meilleur comme le pire... Continuer de rester sur le carreau ou vivre pleinement son existence ?!

           A ceux qui lisent pour s’évader ou qui sont déprimés, oubliez ce livre car l’agonie se ferait sentir au bout de quelques pages seulement. Aux autres, cessez de fixer votre nombril et prenez le temps d’observer, d’analyser mais surtout de vous intéresser aux autres ! 
 

Citation choisie : « Emporté par le flot dense et désordonné, il a pensé que la ville toujours imposerait sa cadence, son empressement et ses heures d’affluence, qu’elle continuerait d’ignorer ces millions de trajectoires solitaires, à l’intersection desquelles il n’y a rien, rien d’autre que le vide ou bien une étincelle, aussitôt dissipée. »


Mlle Liberty

jeudi 16 juin 2011

Irvine Welsh - Glu


Terry le don Juan, Billy le boxeur, Carl le DJ et Gally la poisse : quatre jeunes garçons de la banlieue d’Edimbourg, quatre enfants de la bagarre et de la misère. Des années 1970 à aujourd’hui, soudés par une indéfectible amitié, ils traversent une succession d’explosions sociales et culturelles : thatchérisme, révolution punk, ecstasy. Et une seule idée en tête : ne pas devenir des laissés-pour-compte.


Irvine Welsh. Auteur que je découvre tout juste avec ce roman. J’admets avoir d’abord choisi ce livre parce que le passé punk de m’sieur Welsh m’attirait. « Keupon un jour, keupon toujours ! », comme dirait l’autre. 

Après lecture des premières pages, je ne savais pas trop où cela allait m’emmener. Tous ces noms, puis cette ville d’Edimbourg que je ne connais ni de près ni de loin. A la lecture de la quatrième de couverture je m’attendais à une parfaite critique vue & revue de la transformation de la société au fils des années. Que nenni ! Le cœur de ce roman, ce qui le fait indéniablement vibrer, est l’amitié qui lie ces quatre garçons. Cette même amitié qui se retrouve fissurée au fils des années & qui fini par se reconstruire doucement, mais qui a aucun moment ne lâche entièrement prise. Une de ces amitiés dont on pourrait presque rêver quelque part. Ce roman m’a touché. Je me suis attachée à ces garçons. J’en suis même venue à laisser trainer ma lecture pour ne pas le terminer. Pour ne pas arriver à l’instant fatidique ; celui de la dernière page à tourner. 

En revanche : âmes sensibles & rigolos s’abstenir. J’entends par là : si les mots « couilles », « bite », « nichons » vous amusent, laissez tomber. Vous risquez de vous marrer à chaque page & risquez de ne pas de suivre cette histoire (ces histoires ?). De même, si vous êtes du genre à être outré par les rots, les pets, & la sodomie, passez votre chemin. Ce ne sont évidemment que des détails dans ce tourbillon d’aventures, de sentiments, d’émotions, & d’évènements plus ou moins tragiques, mais qui rendent, à mon sens, ce roman si authentique, si vrai.


Bonne lecture à celles & ceux qui tenteront l’aventure !



Calliope